Les Violences Policières contre les gilets jaunes

” La violence policière ou brutalité policière caractérise l’action violente conduite par des policiers envers d’autre personne hors du cadre défini par la loi.”

Petit point sur l’Histoire…

La France est, depuis toujours, un pays de contestation. Nous avons fait de la prise de la Bastille notre fête nationale, soit un hommage aux émeutes qui ont soulevé le peuple. Depuis, les français n’hésitent pas à sortir de chez eux pour montrer leur mécontentement face aux décisions politiques qu’ils n’approuvent pas. La manifestation fait partie de notre ADN culturel.

Prise de la Bastille

Les forces de l’ordre sont donc formées et entraînées au maintien de l’ordre, ce qui a fait de la France un  exemple dans ce domaine pendant plusieurs années. Cela n’a pas toujours été le cas, en un siècle, le maintien de l’ordre a beaucoup évolué et est de moins en moins violent. Avant, les armes, les sabres et charges à cheval étaient monnaie courante durant les manifestions. Un dispositif de désescalade s’est alors mis en place pour être totalement désemparé durant Mai 68. Le Maintien de L’Ordre a alors été restructuré en 1986 et donne ainsi naissance au principe de retenu : « sauf à défendre sa propre vie dans un contexte de légitime défense, l’usage des armes à feu est prohibé pour contenir les foules ». Leur stratégie est de montrer leur force pour ne pas avoir à s’en servir, limiter le contact au maximum et ne plus viser les foules. Cette stratégie est née lors de l’Après-Guerre, notamment pendant Mai 68, période durant laquelle le Préfet de Police de l’époque, Maurice Grimot, rédige une lettre dans laquelle il écrit : « Frapper un homme à terre, c’est se frapper soi-même. ».

Mai 1968

Restant sur ses acquis, notre pays n’a pas évolué en matière de maintien de l’ordre, pendant que d’autre pays européen, comme l’Allemagne, ouvre le dialogue avec les manifestants, la France, elle, continue de faire la sourde oreille. Elle laisse le maintien de l’ordre sous contrôle politique et non aux agents déployés sur le terrain… De cette manière, nous assistons depuis plusieurs années a une montée de la violence lors des manifestations (CPE, Loi Travail…etc.). Le maintien de l’ordre est devenu extrêmement offensif et brutal avec des policiers qui vont au contact. Aux yeux de tous, le mythe français s’écroule de manifestations en manifestations.

CPE
Loi Travail
Gilets Jaunes

…Et sur la déontologie

Les autorités doivent assurer la sécurité de toute personne et veiller à ce que le droit de manifester pacifiquement soit respecté. Elles doivent prendre des mesures légales et proportionnées pour protéger la vie et l’ordre public, en évitant de recourir à une force excessive.

« Les policiers ont le devoir de maintenir l’ordre public et ce faisant, ne peuvent recourir à la force que lorsque cela est STRICTEMENT nécessaire. Lorsque le recours à la force est inévitable, ils doivent en user avec retenu ».

Pendant les opérations de maintien de l’ordre, les autorités doivent annoncer leur présence avant de faire usage de la force, avec 2 sommations. Si l’usage de la force est « nécessaire », les policiers doivent tirer à plus de 7 mètres de la personne et ne doivent pas viser au-dessus des épaules ou dans les parties génitales. Le manuel de maintien de l’ordre interdit de viser la tête. S’il y a des blessés suite à l’usage de la force, les policiers DOIVENT s’inquiéter de l’état de santé de ces personnes et les évacuer.

Violences policières et Gilet Jaunes

David Dufresne rappelle, lors d’une interview pour Média TV, que les représentants de l’autorité doivent rendre à la justice une personne qui a commis un délit et non la massacrer ou la  mutiler…

Répression/Abus

Le gouvernement a décidé de répondre aux revendications des Gilets Jaunes par la répression, et les moyens ne manquent pas…

    • Contrôle d’identités abusifs, ils ne peuvent être pratiqués qu’auprès d’individus qui troublent l’ordre public ou qui ont commis ou sont sur le point de commettre une infraction.
    • Fouilles abusives
    • Confiscations des EPI (Équipement de Protection Individuel)
    • Confiscations de matériel médical
    • Motifs d’interpellations abusifs, le port d’EPI ou d’un laser ne sont pas interdit, ils ne peuvent constituer un motif d’interpellation.
    • Humiliations
    • Casse d’appareils photos et vidéos, la liberté de presse et la liberté de preuves autorisent les directs sur les réseaux sociaux.
    • Passage à tabac
    • Tirs sans sommation
    • Tirs tendus
    • Tirs à hauteur d’homme
    • Tirs en pleine tête
    • Grenades lancées en l’air
    • Gaz lacrymogène lancé depuis des hélicoptères
    • Arrestations musclés
    • Garde à vue suivie de comparution immédiate
    • Manifestants “fichés S”
    • Mandat de dépôt immédiat
    • Journalistes visés
    • Medics visés

Cette répression laissera des traces sur les générations futures. De nombreux cas démontrent un usage excessif de la force contre les gilets jaunes, qui subissent un affrontement direct.

« La sortie se fera par la politique, pas par la répression, c’est évident. Tous les samedis des gens partent manifester en sachant qu’ils peuvent perdre un œil. Tout est fait pour les dissuader de venir et ils viennent quand même ! »

Armes utilisées par les forces de l’ordre

Gaz Lacrymogènes

Substances irritantes sous forme de gaz ou de fines nébulosités (aérosols). Ils agissent sur les yeux, la peau et le système respiratoire. Ses effets se déploient en quelques secondes et peuvent provoquer des troubles sur la cornée, piqûres, brûlures, rougeurs, nausées, vomissements, sentiment d’étouffement, peur, asthme… Les degrés de gravités sont en proportion avec la concentration de gaz. Il est important de rappeler que les gaz lacrymogènes sont considérés comme « des sprays de défense »…

Grenades de désencerclement

Dispositif Balistique de Désencerclement /Dispositif Manuel de Protection : Ces dispositifs doivent être utilisés dans un cadre d’autodéfense rapproché et lancé au sol. La grenade contient une charge explosive (TNT), mise à feu par un bouchon allumeur. Lorsqu’elle est dégoupillée, la munition explose dans une détonation de 165dbs, en délivrant 18 palets en caoutchouc semi-rigide de 9g. Ils sont projetés à une vitesse de 126km/h dans un rayon de 30m autour du point d’impact. Les risques reconnus par l’un de ces fabricants (SAE ALSETEX) sont des lésions auditives, des blessures liées à l’impact des pavés, entailles liées aux projections de pièces métalliques et plastiques dur, amputation de membres liée à la présence de TNT, décès en cas d’explosion à proximité d’une zone vitale. Les DBD ou DMP sont considérés comme des armes à feu non létal mais il ne faut pas sous-estimer leur dangerosité. En effet, Le défenseur Des Droits dénonce d’ailleurs son utilisation car d’après les rapports d’expertises médicales menées en  2016, l’utilisation de cette arme, même dans un cadre rigoureux et préconisé, reste clairement dangereuse, 5 blessés graves recensés en France depuis 2004.

Grenades GLI-F4

Aussi appelé Grenade lacrymogène instantanée, elle est composé de 30 g d’explosif et à un triple effet lacrymogène assourdissant. Il est utilisé pour disperser une violente émeute. Considéré comme non létale, elles sont utilisés de manière massive et provoque des mutilations en séries. Selon un rapport de l’Institut de Recherche Criminelle de la Gendarmerie Nationale (IRCGN), les experts rappellent la dangerosité de la grenade « au contact », « l’onde de choc générée fragmente les tissus, les os et provoque des blessures très importantes dont la létalité dépend de la zone impactée ». La grenade GLI-F4 est responsable de 15% des blessés graves depuis le 17 novembre 2018.

LDB-40

Successeur du flashball, il est plus précis que son prédécesseur grâce à son viseur, il a également une portée plus longue (de 25 à 50m). C’est un fusil lanceur de balles semi-rigide de calibre 40mm, à une vitesse de 92m/s et une puissance de 220 jouls. Il est considéré comme une arme de 4e catégorie non létale car il n’est pas conçu ni destiné à tuer. Il est cependant sujet à controverse. Le Défenseur du droit dénonce son utilisation lors des manifestations contre la loi travail. Jacques Toubon dépose une requête devant la Cour Européenne des Droit de l’Homme (CEDH) en demandant un retrait immédiat des flashballs car « leurs caractéristiques ne sont pas adaptés à une utilisation dans le cadre d’opération de Maintien de l’Ordre ». Cette requête a été rejetée, depuis le début du mouvement des gilets jaunes ; le LDB-40 est responsables de 74% des blessés graves.

La plupart de ses armes sont proscrites pour des opérations de maintien de l’ordre dans d’autre pays d’Europe….Certains fabricants les considère même comme des armes de guerres… Plusieurs spécialistes s’accordent à dire que la non létalité de l’arme ne la rend pas pour autant adapté face à des manifestants. La façon de les utiliser, si les règles ne sont pas respectées, peut remettre en cause la non létalité de celles-ci. Plusieurs associations, spécialistes du droit et universitaires, accusent les forces de l’ordre de ne pas les utiliser de manière « nécessaire et proportionnée ».

La manipulation de ces armes nécessite une formation que reçoivent les CRS et Gendarmes mobiles, ce qui n’est pas le cas des BAC, BRI… qui n’ont pas à faire au même type de situations. Nous observons, semaines après semaines, que les règles de déontologie sont bafouées et les « bavures » se multiplient.

Cette situation risque de se compliquer car d’autres armes font leur apparitions, nous avons observé des fusils à pompe avec munitions en plastique, utilisés par la BRI (Brigade de Recherche et d’Intervention) à Montpellier. Cela signifie une escalade dans la puissance des armes utilisées pour « contenir les foules ».

Une situation exceptionnelle

Ce mouvement social est unique au monde car il oppose, sur  le terrain, deux « camps » de même classe sociale. Mais il y a d’autres raisons :

    • Le nombre de policiers déployés lors des manifestations
    • Le type d’armes utilisées pour « contenir les foules »
    • Le nombre de blessés
    • Le nombre de mutilés (une grande première en France)
    • 133 enquêtes ouvertes auprès de L’IGPN (du jamais vu, pas même en 68)

C’est également la première fois qu’il y a autant de tentatives de fraternisations de la part des manifestants. Pour éviter cela, les forces de l’ordre n’interviennent plus sur leurs communes, mais sont envoyés loin de chez eux.

Pourquoi nous assistons à une montée de la violence ?

Condition de travail des policiers

Plusieurs syndicats de police tirent la sonnette d’alarme sur les conditions de travail des forces de l’ordre et sur la fatigue grandissante dans leurs rangs. En effet, tous les effectifs sont mobilisés depuis le 17 novembre 2018. Le rythme est intense et soutenu (20 jours de suite sans repos), les amplitudes horaires s’envolent (22H d’amplitude horaires avec peu ou pas de ravitaillement). Eric Romain, membre d’un de ses syndicats, demande au gouvernement d’arrêter de se cacher derrière la police, qui s’avère être le dernier rempart.

Rappelons que côté force de l’ordre, nous comptabilisons plus de 1000 blessés, des arrêts maladie en pagaille ainsi que plusieurs suicides depuis le début de l’année. Un bilan très lourd provoqué par le gouvernement qui oppose des hommes avec les mêmes revendications.

Défaut de formation

Plusieurs arguments sont avancés pour expliquer le comportement des forces de l’ordre tel que : les insultes et provocations durant toute la journée, la peur et la fatigue des policiers… Nos forces de l’ordre ne sont-elles pas censé savoir se contrôler, garder leur sang-froid, être maître de leurs émotions? Les manifestants doivent-ils payés pour la fatigue des Policiers et leurs conditions de travail ? Dans ce cas, ne s’agit-il pas d’un défaut de formation …? Cette question se pose également sur les équipes déployés qui ne sont ni formées au maintien de l’ordre, ni à l’utilisation des armes (LBD, grenades…etc.), comme la BAC (Brigade Anti Criminalité), la BRI (Brigade de Recherche et d’Intervention..)ou les Gardiens de la paix, qui ont l’habitude d’être confronté à des criminels et traitent les manifestants de la même manière.

Défaut d’information et minimisation

De la part du gouvernement…

« Quand j’entends parler de brutalité inouïe et illégitime (de la part de la Police), je suis sidéré, et c’est le mot le plus polis que je trouve”.

C.Castaner

Après 2 mois de silence, le discours du gouvernement concernant les violences policières est qu’elles n’existent pas. Le ministre de l’intérieur dénonce les violences faites à l’encontre des forces de l’ordre et dit que s’il n’y avait pas « de magasins pillés, de barricades érigés, […], de voitures brûlées, de bâtiments publics saccagés, […], de forces de l’ordre lynchés », il n’y aurait pas de blessés car la loi serait respectée. Il annonce plus de 1000 blessés pour les forces de l’ordre mais aucune preuve ni aucun détail pour justifier ce nombre.

En somme, le gouvernement reste silencieux ou minimise le nombre de blessés,  il utilise toujours le même contre argument malgré les centaines de preuves et témoignages publiés sur les réseaux sociaux. D’ailleurs, C. Castaner insiste à chacune de ses interventions : « Moi je ne connais aucun policiers, aucun gendarmes qui ait attaqué des gilets jaunes.» Il insinue ainsi qu’aucun policier ne peut avoir l’intention d’user de la force de manière illégitime, comme s’il était impensable qu’ils outrepassent leurs droits.

… Et des journalistes

Pendant 8 semaines, aucuns journalistes n’évoquent le sujet des violences policières alors que des centaines de témoignages sont largement relayés sur les réseaux sociaux et que plusieurs ONG ne cessent de lancer des alertes. Selon David Dufresne, ils « ajoutent de la violence à la violence » car ils ne parlent pas des blessés et mutilés alors que c’est une grande première lors d’un mouvement social !

Plusieurs de leur confrères indépendants dénoncent ce silence qui en dit long sur le rôle de la presse aujourd’hui : relayer le sensationnel plutôt que la vérité (ex : filmer une poubelle en feu et dire que toute la ville a été dévasté par les gilets jaunes). Pour se défendre, ils expliquent que les informations auprès des autorités sont difficiles à obtenir car les « enquêtes sont encore en cours ». Cela créer une différence de temporalité entre le travail des journalistes, qui ont un devoir d’enquête, et la diffusion sur les réseaux sociaux.

Avant le mouvement des Gilets Jaunes, la question des violences policières ne se posait que dans les quartiers populaires ou auprès de la population militante. Ces violences étaient passées sous silence auprès de l’opinion publique. Mais aujourd’hui, tous le monde est concerné et le seuil de tolérance face à ces violences a largement été dépassé. Les journalistes sont donc obligés d’en parler.

Sentiment d’impunité des Forces de L’ordre

Le gouvernement n’hésite pas à montrer son soutien officiel auprès des forces de l’ordre, ce qui renforce l’idée qu’elles agissent en parfaite adéquation avec la loi. Le gouvernement n’a d’ailleurs pas intérêt à contrarier les syndicats de police en ce moment… En effet, notre système s’appuie sur une co-gestion entre les syndicats et le ministère, sans y inclure la société civile. Le silence du gouvernement est donc tactique pour maintenir l’ordre, il n’a fallu qu’une seule journée de mobilisation (19 décembre 2018) aux policiers pour obtenir un geste sur les salaires…

Les ministres évitent de trop contraindre les forces de l’ordre en allégeant les procédures (ex : Récépissé pour contrôle d’identité non obligatoire, les caméras sur les porteurs de LBD-40 ne sont activées que lorsqu’ils le souhaitent…). Le pouvoir exécutif ne se prive d’ailleurs pas pour demander des sanctions judiciaires exemplaires comme ce fut le cas de Christofe Dettinger. Cela pose une réelle question sur l’indépendance de la Justice, qui est un des fondements essentiels de notre « République ». D’autant plus que le même jour, un policier à boxé un manifestant à Toulouse, sans jamais être inquiété. La Justice est à deux vitesses alors que normalement, la loi est la même pour tous…

Aucun contrôle sur la police n’est fait, le parlement ne contrôle rien et les autorités indépendantes n’ont qu’un pouvoir d’alerte.

Le gouvernement affirme que si un mauvais usage de la force est fait, une sanction doit être mise en place. Mais la question sur l’efficacité de l’IGPN (Inspection Générale de la Police Nationale) et de l’IGGN (Inspection Générale de la Gendarmerie Nationale), aussi appelée Police des polices, est soulevée. Ses institutions ne serait-elles pas laxistes ? En effet, aucune étude rigoureuse ne permet de le vérifier car il n’y a aucune visibilité sur les enquêtes administratives ni sur les sanctions appliquées. Les autorités ne sont pas transparentes. En effet, lors de la loi travail, une centaine d’enquêtes ont étés ouverte, à l’heure d’aujourd’hui, aucune information sur les procédures et sur les sanctions appliquées… Lorsqu’on connaît la suite des plaintes  à l’encontre de certains policiers, si elles ne sont pas classées sans suite, elles n’aboutissent que rarement à une sanction au-delà de la prison avec sursis, même si la victime est décédée ou mutilée. Et celle-ci est  rarement enregistrée sur le bulletin n°2 du casier judiciaire ou suivi d’une interdiction d’exercer…

Ces faits démontrent que le sentiment d’impunité est bien réel. Nous pouvons reprendre l’exemple du 6 décembre 2018, où 163 lycéens, dont les plus jeunes avaient 13 ans, sont arrêtés, mis à genoux avec les mains menottées derrières la tête. Ils sont restés ainsi pendant des heures… Ce traitement cruel et inhumain est condamnés par le droit international mais les policiers filment eux même la scène, et banalisent cet acte.

La Police s’autorise ces faits car il n’y a aucune répercussions médiatiques ou judiciaire ni même pour leur carrières, contrairement aux « Gilets Jaunes ». Certains membres des forces de l’ordre cherchent clairement l’affrontement avec les manifestants. Sur la vidéo ci-dessous, on peut les voir taper leurs matraques contre leurs boucliers, faisant penser à une sorte de « Hakka » pour impressionner…

Cela en dit long sur leur état d’esprit….

A Rennes, lors de l’acte 15, des manifestants ont été poursuivis par la BAC alors qu’ils regagnaient leur véhicule. La BAC les a pourchassés en fourgons, sortant les matraques et les LBD-40, leur demandant de courir… Voici la vidéo :

Nous pouvons dire que la répression exercée par le gouvernement par le biais des forces de l’ordre et des armes utilisées renforce la colère auprès des manifestants qui n’ont pas l’habitude de la confrontation et qui ne comprennent pas une réponse aussi violente à leurs revendications. Nous assistons, semaines après semaines à une montée de la violence de la part des forces de l’ordre mais aussi de certains manifestants qui répondent aux violences.

Injustice Pénale

« Les parquets requièrent, sur ordre de la garde des sceaux, de lourdes peines de prison à l’encontre de tout prévenu assimilable, de près ou de loin, à un Gilet Jaune »

Circulaire du 22 Novembre 2018

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Les sanctions sont d’ailleurs prévues en conséquence :

    • Lourdes peines de prison
    • Sans sursis pour les « primo-délinquants »
    • Mandats de dépôt
    • Lourdes amendes
    • Interdiction de manifester (concerne 33 personnes de 1995 à 2008, et des centaines de Gilets Jaunes depuis le 17 Novembre 2018)
    • Interdiction de droit civique (droit de voter)

Et nous avons de nombreux exemples qui nous prouvent que les tribunaux  mettent à exécution  les consignes données, en voici quelques-uns, malheureusement célèbres :

    • C. Dettinger alias « Le Boxeur »

« Violence volontaire en réunion sur personne dépositaire de l’ordre public »

    • 12 mois fermes aménageables
    • 18 mois avec sursis
    • 5 000€ d’amende comme dommages et intérêts
    • E. Drouet

« Manifestations non déclarés »

    • 1 mois de sursis demandé
    • 500€ d’amende demandé
    • Employé de boulangerie

« Refus de vente et outrage sur personne dépositaire de l’ordre public »

    • 70H de TIG (Travaux d’Intérêt Généraux)
    • 48H de garde à vue
    • « Piment », Bouche du Rhône

« Jet d’une pierre sur les forces de l’ordre »

    • 1 an ferme
    • Comparution immédiate
    • Mandat de dépôt immédiat

Dans tous ses cas nous remarquons des sanctions lourdes par rapport à la gravité des faits reprochés. Le site lesaf.org dénonce « un appel à la répression pénale des plus sévères ». La plupart des dossiers jugés font suite à des enquêtes très rapides, et sont pour la plupart vides ou approximatifs.

Cette répression pénale a plusieurs objectifs : l’augmentation du nombre de condamnations pour dévaloriser le mouvement aux yeux de l’opinion public et le neutraliser.

Quelques chiffres

Du 5 décembre 2018 jusqu’au 16 février 2019

Bilan humain

    • 12 morts
    • 2 comas
    • 6 handicapés à vie
    • 2000 blessés
    • 20 éborgnés
    • 189 blessés à la tête
    • 5 mains arrachées

Violences policières

    • Près de 400 signalements de violences policières (filmés) qui compte des manifestantes, des mineurs, des passants, des journalistes et des médics…
    • 243 d’entre eux sont dû à un manquement possible ou aggravant du code de déontologie de police
    • 133 enquêtes ouvertes auprès de l’IGPN
    • 24 journalistes portent plainte contre la police

Injustice Pénale

    • 8400 interpellations
    • 7500 gardes à vue
    • 1800 condamnations
    • 1422 jugements en attentes
    • 1300 comparutions immédiates
    • 316 mandats de dépôt immédiat
    • 6 tirs à hauteur d’homme sur foule en fuite

0 officier suspendu !!

Sources

Médiapart, Allô place beauvau, David Dufresne
Jim le pariser, Laeticia Monsacre, La grande désinformation
Observatoire des violences policières
Amnesty International
Libération, Express, Le figaro, Le monde, LCI
Paris-luttes.info
Fiche d’information sur les sprays d’autodéfense
Alain Bouer sur RT France
David Dufresne sur RT France
David Dufesne sur Le Media
RT France
Desarmons.net
Rapport sur le maintien de l’ordre au regard des règles de déontologie
Slate : Pourquoi le gouvernement refuse d’entendre parler de violences policières ?
Planete360.fr
Lesaf.org


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La police tire au fusil à pompe sur les gilets jaunes

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L'escalade au nouvel armement pour les CRS ne cesse de s'accroître

Nous avons eu la semaine dernière l’occasion de voir le nouveau flash-ball multicoup des CRS. Nous avons également remarqué que des fusils d’assaut étaient dans la rue.

Cette fois-ci c’est des fusils à pompe avec des munitions en plastique. En effet le samedi 12 janvier à Montpellier la brigade de recherche et d’intervention ( la BRI ) à tiré au fusil à pompe avec des munitions en plastique sur les gilets jaunes

L’information est relayée par le site Mediapart ainsi que le site lepoing 

Comme vous pourrez le lire dans le site révolutionpermanente la police elle-même à confirmer les faits

 

Un Avocat recherche les gilets jaunes blesses par Flashball

Un avocat recherche les gilets jaunes blesses par Flash ball

 Maître Foucard cherche à recenser toutes les personnes blessées par des tirs de flash ball ou des grenades en tout genre durant le mouvement des gilets jaunes. Il est en lien avec d’autres avocats en France. Si vous êtes concernés ou que vous connaissez des personnes concernées, voici ses coordonnées 

 

Avocat du barreau de Bordeaux, Romain Foucard : 07 62 07 73 56. 

 

Il vous expliquera sa démarche. Diffusez largement ce message.

D’autre part, si durant les événements vous vous retrouvez simplement en garde à vue, vous pouvez contacter l’avocat de service à ce moment-là. Par contre, si vous êtes convoqués au tribunal suite à une garde à vue ou que vous passez en comparution immédiate, vous pouvez le contacter pour qu’il vous défende si vous le souhaitez.
PS : quand on part sur une action à risque, il faut noter le numéro de l’avocat sur sa peau car en garde à vue on n’a pas accès à son téléphone portable et dans tous les cas il faut refuser la comparution immédiate pour avoir le temps de préparer sa défense.
Merci à tous pour la diffusion de ce message.

voir aussi quel sont vos droits de manifestant