Covid 19 et risques de dérives sectaires Texte officiel du ministère de l’éducation nationale et de la jeunesse

MINISTÈRE DE L’ÉDUCATION NATIONALE ET DE LA JEUNESSE

Covid 19 et risques de dérives sectaires

La crise du Covid-19 fragilise la population et contribue à développer un sentiment de
vulnérabilité. La situation exceptionnelle que nous traversons et l’exploitation des peurs
et des souffrances qu’elle suscite, sont propices aux risques de dérives sectaires et au
renforcement de l’adhésion des adeptes. Depuis le 17 mars 2020, date à laquelle le
gouvernement a opté pour un confinement strict de la majorité des français, la mission
interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) a déjà
reçu plusieurs dizaines de signalements liés à la crise sanitaire du Covid-19.

1. Enjeux

• Identifier les changements de comportement des élèves, susceptibles d’être
provoqués par des influences familiales ou extérieures.
• Prévenir les risques de déstabilisation des élèves et les comportements irrationnels
• Sensibiliser les élèves aux risques des discours dangereux qui prodiguent de faux
remèdes et des conseils dangereux en lien avec le COVID-19.
• Développer l’esprit critique des élèves pour mieux lutter contre la désinformation, les
fake news, les rumeurs et les théories complotistes.

2. Conduites à tenir

Identifier l’exploitation de la pandémie par les groupes sectaires
Durant la période de la crise sanitaire, les enfants sont exposés à des discours
anxiogènes, particulièrement lorsque leurs parents adhèrent à un groupe sectaire.
En effet, la pandémie mondiale est présentée par certains prédicateurs, gourous ou
idéologues comme :
• le révélateur de la volonté et de la puissance divine,
• un avertissement de la « Nature », de forces obscures ou d’esprits divins,
• un « châtiment envoyé par Dieu » et le signe de l’imminence de l’apocalypse,
• le retour à la croyance comme seule solution salvatrice.
Identifier les situations d’élèves en situation de risques de dérives sectaires
L’enfant étant dépendant de son environnement, une attention doit donc être portée
aux élèves dont les responsables légaux, adeptes de certaines idéologies ou croyances,
sont réticents ou opposés aux recommandations faites en matière de santé publique :
contournement du confinement pour des rassemblements, refus de traitements,
d’examens médicaux ou de tests sanguins, etc.
Réouverture
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Par ailleurs, lors de la reprise de la scolarité, une attention doit être portée aux
changements de comportements des élèves. Afin d’objectiver une situation, d’autant
plus lorsqu’elle touche aux convictions ou aux pratiques religieuses, il est important
de rassembler des éléments factuels sur la base de questions adaptées et de se référer
à un faisceau d’indices et non à un seul signe : https://eduscol.education.fr/cid61075/
prevention-et-lutte-contre-les-risques-de-derives-sectaires.html Face à un risque de
dérive sectaire, tout personnel est tenu d’alerter les services compétents, dans le but
de sauvegarder l’intégrité physique et morale du mineur. Pour chacune des situations,
le correspondant académique chargé de la prévention des phénomènes sectaires en
milieu scolaire doit systématiquement être informé. Lors de situations complexes, la
Miviludes peut être saisie.
Ce dispositif est accessible aux établissements d’enseignement privés.
Identifier les techniques de communication
Les leaders des groupes apocalyptiques et les « manipulateurs de peur » utilisent :
• la crise sanitaire actuelle, qu’ils avaient prévue, pour valider leur théorie et discréditer
la parole institutionnelle.
• les réseaux sociaux, pour diffuser des vidéos porteuses d’explications ésotériques et
de conseils parfois dangereux qui totalisent des centaines de milliers de vues, pendant
un confinement qui fragilise le lien de la population avec les institutions publiques.
• les thèses complotistes qui s’ajoutent aux simples fausses informations pour participer
à une perte de contrôle des opinions publiques.
Identifier les dangers
Santé physique et psychique
Des produits prétendant augmenter l’immunité ou soigner le COVID-19, sans
autorisation de mise sur le marché (vérification de qualité, sécurité et efficacité),
sans mentionner le contenu des substances, sont en vente. Certains d’entre eux sont
simplement sans efficacité, d’autres ont des effets délétères, voire dangereux. Leur
consommation peut provoquer une interaction médicamenteuse avec d’autres produits
et détourner les patients d’un traitement efficace.
Les offres de pratiques de développement personnel, dites « alternatives », «
complémentaires » ou « non conventionnelles » se multiplient et prétendent s’appuyer
sur des études, alors même qu’elles sont non évaluées et non étayées par une méthode
scientifique. On constate des retards de prise en charge, des interruptions de soins
médicaux et des ruptures du suivi thérapeutique.
La plupart des groupes à risques de dérives sectaires utilisent ces différentes pratiques
d’abus commerciaux, d’escroqueries et de soins non éprouvés, pour exploiter les
faiblesses et la détresse de leurs adeptes et exercer sur eux une véritable emprise. Les
principales conséquences pour les victimes sont des préjudices graves sur leur santé,
leur situation financière et leurs liens avec leur milieu familial et social.
Alimentation
Depuis quelques semaines des allégations de régimes, d’aliments ou de nutriments
anti-coronavirus font la une des médias. Pour résister au coronavirus, certains « pseudopraticiens » conseillent de boire un jus de légumes, de pratiquer le jeûne ou des bains
froids pour s’endurcir et résister au virus. Les principaux risques encourus sont : un
régime alimentaire carencé, des atteintes physiques, un amaigrissement, un arrêt de
croissance, une fatigue excessive, etc.
Il est important d’informer les élèves sur le fait qu’il n’existe pas d’aliment particulier, de
régime ou de traitement miracle pouvant à lui seul prévenir ou traiter le COVID-19.
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3. Proposition d’activités pédagogiques

Engagement associatif et vie de l’établissement
• L’émission de France inter intitulée « Rumeurs et fausses informations au temps du
coronavirus » peut faire l’objet d’une écoute par les élèves, suivie d’un débat ou d’une
demande de synthèse.
• Une séance d’enseignement moral et civique (EMC) sur les dérives sectaires peut
s’appuyer sur les témoignages de charlatanisme « médical » présentés sur le site de la
Miviludes.
• Des activités pratiques peuvent être proposées à partir de points précis du
programme et permettre un travail autour de la vérification de l’information et des
sources. De plus, des projets interdisciplinaires peuvent être envisagés avec les chefs
d’établissement, comme par exemple sur l’alimentation.
• L’enseignement de la démarche scientifique contribue au développement d’un esprit «
rationnel, autonome et éclairé » pour chacun des élèves. Il permet de s’interroger dans
un monde où croyances et connaissances se confondent et parfois s’opposent
Les équipes de l’académie d’Amiens ont travaillé à la production de ressources pour
travailler ces questions et étayer les enseignants des premier et second degrés, de
différentes disciplines :
http://histoire-geo.ac-amiens.fr/Continuite-pedagogique-developper-l-esprit-critiquepour.html

Source : media.eduscol.education.fr

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